046

Le troisième recueil

À la recherche du sommeil

Auf der Suche nach Schlaf

Il attend, tout solitaire, mon esprit qui veille,
debout à l'ultime porte de la conscience.
Depuis longtemps déjà me font signe, du pays des ombres,
les silhouettes de lumière, pour m'entourer ;
mais mon esprit, farouche, me retient.
Ligoté, bâillonné, il me faut attendre là ;
les heures cheminent avec une lenteur infinie,
les minutes ressemblent aux heures du jour.
La fontaine joyeuse qui bruit à la porte,
le bruissement des arbres me mènent au désespoir,
et la nuit moqueuse me regarde en ricanant. —
Mais enfin paraît la délivrance :
le sommeil détache les amarres de la rive qui retient
et m'emmène captif au pays des songes.

Écouter