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Vous, montagnes de la patrie,
couronnées de têtes fièrement dressées,
vous, Alpes magnifiques,
si souvent déchirées de sillons et de ravines :
c'est vers vous que va mon désir,
ma silencieuse aspiration.
Vous, pentes familières,
partagées de gorges sombres et d'arêtes,
vous, forêts bruissantes
qui recouvrez les rochers nus et les champs :
vous me manquerez
jusqu'au jour de mon retour.
Vous, lacs, et vous, ruisseaux,
nourris du lait rafraîchissant du glacier,
sur vos rives clapotantes
les auricules et les petites roses s'embrassent,
fécondées par les abeilles,
dans le vent qui murmure.
Et si je ne reviens pas,
si l'on m'enterre au pays lointain, étranger,
alors je voudrais vous prier :
prenez de ma terre natale
rien qu'une poignée,
pour la répandre sur ma tombe.
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