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Mon esprit est bien las,
il voudrait soupirer, ah, si lourdement —
et pourtant je veux parler
de choses hautes et nobles :
de jeunesse, d'amour de jeunesse,
d'un ardent bonheur —
mais hélas, tout cela est si loin,
si loin en arrière.
Que ne puis-je revivre
la nuit de mai parfumée
où deux êtres se saluèrent, joyeux,
deux fleurs, d'un éclat tout simple !
Ô amour, tu nous enivrais
comme le vin de feu ; —
que ne puis-je le revivre :
que ce serait magnifique !
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